mercredi 10 février 2010

El Chalten, ville nouvelle

Il ya 25 ans, au nord d'el Calafate, il n'y avait rien sur 600 km. Que la nature patagonienne, les lacs, les glaciers et les montagnes. Et puis quelques alpinistes et trekkeurs qui profitaient des joies de la nature.
Et puis un beau jour, quelqu'un a décidé que ce serait bien de faire un village à cet endroit et qu'on l'appellerait el Chalten, du nom historique de la montagne qui domine les lieux, plus connue sous le nom de Fitz Roy.
Alors el Chalten est né en 1985, à 200 km au nord d'el Calafate, au pied du mont Fitz Roy. C'est maintenant un village de quelques 600 âmes (pendant la saison touristique) importées du reste de l'Argentine, qui s'est arrogé le titre de "capitale nationale du trekking" et où tout, absolument tout est fait pour les randonneurs et les alpinistes : agences de voyage, guides de montagne, hôtels, restaurants, supérettes, terminal de bus (en service depuis le 10 février 2010, le jour de mon arrivée, la classe !), et distributeur automatique de billets datant d'il y a un an seulement. Le village est construit de manière totalement anarchique autour d'une rue principale, mais l'afflux de touristes aidant, les services se développent et on trouve maintenant la police, les pompiers, des hélicoptères de secours en montagne, un hôtel 4 étoiles...

Tout ça dans une vallée où il y a du vent à décorner les boeufs en permanence. Tourisme, quand tu nous tiens !
A el Chalten, même les caravanes sont arrimées

mardi 9 février 2010

Une journée EXTRAordinaire...

Oublions les péripéties climatiques.
Le glacier Perito Moreno c'est du bonheur à l'état pur. C'est la force de la nature. C'est EXTRAordinaire, même sous les nuages, même sous la pluie, même dans les bourrasques, même dans le froid.



Le glacier Grey faisait dans la finesse, la dentelle ; le Perito Moreno fait dans la puissance, dans l'imposant. C'est du lourd.
La visite se décompose en un tour d'une heure en bateau pour être au plus près et au pied du glacier puis une promenade sur les passerelles qui lui font face. Et là, vous ne faites pas le fier, parce que vous n'êtes rien comparé à lui : 30 km de long, 2 km de large sur son front mais jusqu'à 5 km au plus large, 60 m au-dessus du niveau de l'eau, 120 m en dessous. C'est un des rares glaciers qui ne recule pas. Il avance même tellement que des gros blocs se détachent régulièrement de son front et qu'assez périodiquement, il vient obturer l'espace qui le sépare de la péninsule qui lui fait face, faisant ainsi monter le niveau des eaux du lac dans lequel il se jette, le lago Argentino, le plus grand d'Argentine. Même avec le mauvais temps on profite de sa couleur bleu tirant presque parfois au violet.
Une "nouvelle" merveille du monde je vous dis.

Une journée pourrie...

Comme me l'a récemment fait remarquer une Chilienne, ici, plus on va vers le nord, meilleur est le temps. C'est vrai ca, je n'y avais jamais pensé : on s'éloigne du pôle et on remonte vers les tropiques. Ca bouscule tout mon système de pensée binaire où nord = mauvais temps et sud = beau temps. D'un autre côté ca tombe bien puisque je suis en train de remonter doucement la Patagonie vers le nord.
Un petit passage de frontière supplémentaire et je suis à nouveau en Argentine. Il faut d'ailleurs que je fasse attention parce qu'à raison de 2 tampons à chaque passage de frontière, il ne me reste plus que 6 pages libres dans mon passeport.
Bref, je suis à el Calafate, une ville sans aucun intérêt où il n'y a qu'hôtels, restaurants, agences de voyage, magasins pour touristes et... la merveille du monde argentin : le glacier Perito Moreno (voir article suivant). Pour les curieux, "el Calafate", c'est le nom d'une petite baie dont la consommation assurerait paraît-il le retour en Patagonie.
Revenons à nos moutons : j'arrive hier à el Calafate, beau temps, soleil et je prévois donc aujourd'hui d'aller voir ce fameux glacier. 7h ce matin j'ouvre un oeil, il fait gris. 7h30 j'ouvre l'autre, il pleut. 8h30 je sors, il fait froid. Bon, le billet de bus est acheté, tant pis, on y va. 11h, après 1h1/2 de bus dans la bonne pluie, on sort et on a droit aux grosses bourrasques de vent. Et ca a été comme ca jusqu'à 15h, heure de départ du bus assurant ainsi un fabuleux chiffre d'affaires à la cafeteria du lieu grace aux centaines de touristes venus s'y abriter. Bon, on a quand même vu le glacier depuis la terre et depuis le lac. Je pique un roupillon dans le bus et j'ouvre un oeil à 16h : grand soleil ! C'est quoi ce temps !

dimanche 7 février 2010

Portraits de trekkeurs

Dans sa très grande majorité, le parc Torres del Paine n'est accessible qu'à la marche. On croise donc sur les routes tout un tas de gens qui sont là pour 1 jour, 3 jours, 5 jours ou 8 jours et que l'on peut identifier de différentes manières :

  • le trekkeur organisé : celui qui a l'équipement au complet, toute la nourriture, les cartes... jamais pris au dépourvu. C'est quand même la race la plus répandue.
  • le trekkeur "léger" : celui qui part sans tente, sans matelas, sans sac de couchage, sans nourriture et qui dort et mange en refuge. Ça limite un peu les possibilités de circuit ; ça augmente beaucoup le budget, mais c'est faisable.
  • le trekkeur touriste : celui qui arrive dans le parc sans savoir quel circuit il va faire, donc sans savoir combien de jours il va rester, sans savoir quels sont les moyens de transport disponibles, où et quand les prendre, sans l'équipement adéquat, sans la nourriture... Heureusement pour lui, il y a des "guardaparques" (garde-parcs ?) très aimables et qui parlent un peu anglais, et des refuges pour les accueillir et les nourrir.
  • le trekkeur bavard : celui qui ne peut pas s'empêcher de parler en marchant ou de commenter le paysage : c'est souvent le même que le précédent.
  • le trekkeur muet : celui qui ne dit pas bonjour quand on le croise. On pourrait aussi l'appeler le trekkeur malpoli.
  • le trekkeur néophyte : souvent affilié au trekkeur touriste ou au trekkeur muet, c'est celui qui ne connait pas les règles de base de la montagne. Par exemple, quand on se croise sur un chemin, c'est celui qui monte qui a priorité et celui qui descend qui doit se ranger pour le laisser passer... enfin, normalement !
  • le trekker fainéant : celui qui est encordé à son partenaire et qui se fait tirer pour avancer.
  • le trekkeur fumeur : celui qui fume arrivé au camping, mais également en marchant. Je n'approuve pas, mais je me demande surtout comment c'est possible.
  • le trekkeur famille : parents + enfants, tous avec sacs à dos et nuit sous la tente. Bravo !
  • le trekkeur bébé : déclinaison du précédent. L'un porte le bébé dans un porte-bébé ; l'autre porte le sac à dos. Alors là, chapeau !

Pourquoi les glaciers sont-ils bleus ?

Pour plaire à nos yeux pardi !

Foin des explications scientifiques ! Ouvrons seulement les yeux...


















Le glacier Grey et ses icebergs flottant sur le lac Grey, dans le parc Torres del Paine

Parc Torres del Paine : les sensations

Les Torres del Paine
Comment c'est de marcher pendant 7 jours ?

Et bien c'est fatigant pour le corps et reposant pour l'esprit...
On profite de la nature environnante ; on s'arrête quand on veut, où on veut pour admirer un sommet, un lac, un oiseau, un arbre, rien.
On réfléchit ou on ne pense à rien. Ça laisse le temps d'envisager l'avenir immédiat ou plus lointain, de se demander ce qu'on fait ici, de penser aux gens qui comptent, d'essayer d'oublier les autres...
Ça ressemblerait à une scéance de thérapie peut-être, en plus favorable à la santé physique.

Pour moi, les 3 moments phare du circuit ont été :

- la découverte du glacier Grey et des icebergs qui s'en détachent et flottent sur le lac Grey, une merveille naturelle à couper le souffle. Une couleur inimaginable.

- les eaux d'un vert indescriptible du lac Pehoe

- les Torres del Paine, entraperçues entre 2 nuages le dernier jour.

Encore une fois, les photos ne rendent pas justice au lieu.

Parc Torres del Paine : les faits

De retour après 7 jours de marche où j'en ai pris plein les yeux.
Quelques éléments pratiques pour commencer.
Le parc Torres del Paine est situé à 100 km au nord de Puerto Natales et à 200 km de la frontière argentine, donc au milieu de...... rien ! C'est un grand parc qui regroupe des sommets aux alentours de 3 000 m, de nombreux lacs et une nature bien préservée. Il porte d'ailleurs le nom d'un groupe de sommets, les Torres del Paine (Tours du Paine) autour duquel il est centré.
Le parc compte 2 principaux circuits de trekking, l'un faisant un grand tour de 8 jours autour des Torres del Paine avec un passage à 1 200 m, l'autre, appelé W car traçant plus ou moins la forme d'un W, est le circuit le plus populaire, 5 jours, qui visite les principales attractions du parc. D'autres petits circuits existent également.
Le parc est parsemé de quelques hôtels de luxe, sur les voies d'accès, de quelques refuges de montagnes et de campings organisés ou libres (en clair, avec ou sans toilette et douche).
Pour ma part, j'ai commencé par un petit circuit de 2 jours, le Pingo-Zapata (je sais, ça ressemble à un nom de clown !) pour me mettre en jambes, puis j'ai enchainé sur le W.
Au total :
- 100 km de marche sur 40 h, 2 720 m de montée, 2 460 m de descente
- 6 nuits de camping au frais
- 3 ampoules aux pieds, des muscles des épaules, du dos, des jambes surdéveloppés
-12 soupes en sachets, 400 g de pâtes, 250 g de riz, 500 g de pain de mie, 300 g de jambon cru, 12 oeufs durs, 700 g de fromage, 7 barres de céréales, 8 barres chocolatées consommés
- 10 l d'eau aromatisée (pour faire passer le goût du Micropur) bus.
Et bizarrement pas tant de fatigue que cela. Quand je compare aux autres trekkeurs rencontrés ou à ceux qui viennent également de finir le tour et sont dans mon hôtel, j'ai l'impression d'être plutôt en très bonne forme. Peut-être que les semaines en altitude entre l'Equateur et la Bolivie m'ont dopée en globules rouges et en résistance cardiaque !
Globalement une journée type c'est réveil entre 7 et 8h, petit-déjeuner, pliage de la tente et rangement de l'équipement, 5 à 7 h de marche entrecoupées de quelques pauses repos ou repas, arrivée au camping, montage de la tente, dîner entre 18 et 20h, dodo assez tôt. Un rythme pas franchement affolant, mais retrouver un lit, une couette et une douche hier à l'hôtel à Puerto Natales m'a fait réaliser quels sont les vrais plaisirs simples de la vie.